
Au Québec, l’écosystème du soutien au développement économique est foisonnant. Sur le seul territoire de Sept-Îles, Port-Cartier et Uashat Mak Mani-Utenam, vous trouverez une Société d’aide au développement des collectivités, la Société de développement économique de Uashat Mak Mani-Utenam, la MRC de Sept-Rivières, les corporations de développement économique de Sept-Îles et Port-Cartier, la Société Atisham, la Corporation de développement économique montagnaise, le Réseau M et encore d’autres. Ajoutez à cela des organisations panquébécoises et pancanadiennes, en plus d’organismes sectoriels, par exemple dédiés au développement d’entreprises touristiques, des pêcheries, etc. Le tout est coiffé par le fait que beaucoup de ces organisations ont des mandats distincts les uns des autres et desservent des clientèles parfois exclusives, par exemple en fonction de la communauté à laquelle elles appartiennent. Comment, alors, trouver la meilleure formule pour à la fois soutenir les développeurs de projets et le faire au profit du plus grand nombre dans chacun de nos milieux?
La collaboration entre les organismes de développement économique n’est pas une option : c’est une nécessité. Elle permet de bâtir des écosystèmes plus dynamiques, plus agiles et plus équitables, capables de relever les défis d’aujourd’hui et de demain.
Générer les espaces de rencontres
Les activités telles que les Journées économiques, organisées par la SADC Côte-Nord à Sept-Îles et Port-Cartier, sont des occasions de permettre aux idéateurs de projets de rencontrer un ensemble d’experts mandatés pour les aider, réunis en un seul endroit. C’est aussi pour ces derniers l’occasion de former une communauté d’esprit, dans chacun partageant l’objectif commun de faire de nos milieux des endroits plus prospères. Une approche collaborative favorise la cohérence des stratégies, évite les chevauchements et garantit que les efforts convergent vers des objectifs communs, adaptés aux réalités locales. Les espaces de partage entre organismes sont essentiels à la cohésion.
Comprendre les différences et mutualiser les connaissances
Chaque organisme possède des forces distinctes: certains excellent, entre autres, dans l’accompagnement des PME, d’autres dans l’attraction des investissements étrangers, la formation de la main-d’œuvre ou le soutien à l’innovation. Dans notre réalité locale, les organismes offrant des services à la communauté innue ont évidemment une connaissance poussée des enjeux et opportunités qui lui sont particuliers. Alors que l’on peut déplorer le dédoublement des services dans certains cas, il est plutôt opportun selon nous d’apprécier la possibilité d’avoir dans nos milieux des experts ayant le même objectif, mais des perspectives différentes. En collaborant, ces entités peuvent mutualiser leurs expertises, partager leurs ressources et offrir un soutien plus complet et cohérent aux développeurs de projets.
Puisque nos communautés sont intimement liées, la collaboration entre les organismes respectifs permet de mieux documenter les besoins des entreprises, les tendances du marché et de générer des indicateurs de performance communs. Il est possible de mieux
orienter les actions, anticiper les transformations économiques et ajuster les services en temps réel. Peu importe qu’une entreprise soit basée sur la communauté ou au centre-ville de Sept-Îles, le marché, le contexte, les opportunités et l’impact sur le milieu sont partagés.
Mamu nikan, l’art d’aller plus loin ensemble
Dans l’ambiance d’incertitude actuelle, avec un contexte mondial marqué par la complexité des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, la collaboration entre les organismes de développement économique est plus que jamais essentielle. Elle constitue un levier stratégique pour maximiser l’impact des initiatives, éviter les doublons et bâtir des territoires plus résilients et prospères.
Les projets à fort impact, comme les zones industrialo-portuaires, les pôles technologiques, les incubateurs et les infrastructures stratégiques nécessitent une coordination étroite entre les acteurs économiques, politiques et institutionnels. Une collaboration efficace permet d’aligner les visions, de mobiliser les financements et de faciliter la mise en œuvre rapide de ces initiatives.
En travaillant ensemble, il est possible de créer des environnements plus propices à l’innovation, à l’entrepreneuriat et à l’inclusion économique. Sortir des silos habituels et porter la vision commune de milieux prospères, c’est assumer les différences les utiliser comme levier pour favoriser la réussite.
Donald Pilot, Directeur général
Société Atisham
Paul Lavoie, Directeur général
Développement économique Sept-Îles
